Posté le
Île de Corfou
Nous débutons notre road trip par l’île de Corfou, située à l’extrémité nord‑ouest de la Grèce. Après 1 h 30 de ferry, nous accostons au port de Corfou, la capitale de l’île. Corfou appartient à l’archipel des îles Ioniennes, qui regroupe également Céphalonie, Cythère, Ithaque, Leucade, Paxos et Zante.
Nous prenons ensuite la direction du sud‑ouest de l’île, vers la lagune de Korission, où nous passons deux jours de repos. Cette lagune, la plus vaste zone humide de Corfou, est séparée de la mer par une longue bande de sable et bordée par les plages d’Halikounas et d’Issos. On y découvre un écosystème protégé mêlant dunes, forêt de genévriers, roselières et une grande diversité d’oiseaux, des flamants roses mais pas en cette saison. Le lieu offre un paysage naturel préservé, apprécié pour son calme, sa biodiversité et l’harmonie entre lagune, dunes et mer.

Nous remontons vers le nord de l’île par la côte ouest, en suivant une route étroite et sinueuse qui offre de superbes points de vue sur le littoral et traverse quelques villages encore préservés du tourisme. Nous nous installons à Gouvia pour trois jours, afin d’explorer la partie nord de l’île. Compte tenu des routes et de la difficulté à se garer, nous choisissons de louer un scooter.
Pour notre premier jour, nous partons explorer la côte nord‑ouest de l’île, une boucle qui nous mène jusqu’au monastère de Paleokastritsa. Perché sur un promontoire dominant les eaux turquoise de la mer Ionienne, ce monastère byzantin du XIIIᵉ siècle offre des panoramas saisissants sur une côte découpée de rochers aiguisés. Entre jardins fleuris, cloîtres paisibles et vues infinies sur la mer, le monastère de Paleokastritsa dévoile une parenthèse spirituelle et l’une des plus belles perspectives de Corfou.

Nous poursuivons vers le nord, la route s’élève et offre des vues superbes. Pause à Lakones, où une terrasse dominant toute la côte accompagne le repas et où je ne résiste pas à une boîte de loukoums maison, aïe aïe aïe.
La route descend ensuite vers Agios Georgios, longue baie en arc, avant de rejoindre Cape Drastis, à l’extrémité nord‑ouest de Corfou.
Là, le paysage devient sculptural : falaises blanches en éventail, découpées par le vent et la mer avec en arrière plan les montagnes d'Albanie.
Un sentier mène au point de vue, aérien et silencieux. Les strates claires contrastent avec le bleu profond du large, et la lumière de fin de journée dépose un voile doré sur la roche.

Deuxième jour sur l’île, et déjà la fatigue se fait sentir. Les routes de Corfou en scooter nous secouent sans ménagement : un véritable gymkhana entre les nids‑de‑poule, les virages serrés et les montées abruptes.
Nous prenons la direction de Karousades, au nord, un petit village authentique où le temps semble s’être arrêté. Puis la route côtière nous mène plus à l’est : ici, l’Albanie n’est qu’à quelques encablures, si proche qu’on distingue nettement ses reliefs depuis les points de vue. Cette partie de l’île nous séduit moins, plus balnéaire, plus construite, moins sauvage.
Les kilomètres défilent, et dans notre avancée nous en venons même à oublier la visite du petit port de pêche de Kouloura.Déjà la route s’élève. Nous entamons la longue ascension vers le Pantokrator, point culminant de Corfou, perché à environ 900 mètres. Les virages se succèdent, la végétation se clairsème, et peu à peu l’île se déploie sous nos yeux.
Là‑haut, belle récompense. Un panorama à 360° embrasse Corfou dans son intégralité: les côtes découpées, les villages accrochés aux collines, les plaines intérieures, et au loin, les reliefs de l’Albanie qui semblent flotter dans la brume. Une vision circulaire, presque irréelle, qui donne l’impression de tenir l’île entière dans le creux de la main. Au sommet, le monastère du Pantokrator reste malheureusement fermé en cette fin avril. Mais la vue, elle, compense largement.

Notre dernière journée sur l’île est dédiée à la visite de la ville de Corfou qui possède une histoire très ancienne. Fondée par des colons grecs, elle passe successivement sous domination romaine, byzantine, vénitienne, française puis britannique, avant d’être rattachée à la Grèce en 1864. Ces influences multiples ont profondément marqué son architecture et son identité. La vieille ville, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, se distingue par ses ruelles étroites, ses façades pastel, ses bâtiments néoclassiques et ses deux grandes forteresses. La Spianada, vaste esplanade centrale, et les arcades du Liston témoignent de l’héritage européen de la cité.

Corfou est également célèbre pour ses trois forteresses, dont la Vieille et la Nouvelle Forteresse, véritables chefs‑d’œuvre d’ingénierie vénitienne conçus pour protéger la ville contre les attaques ottomanes. L’architecture néoclassique, héritée des périodes vénitienne et britannique, se mêle aux kantounia, ces ruelles étroites aux façades pastel et aux balcons en fer forgé qui donnent à la vieille ville une atmosphère à la fois méditerranéenne et européenne.