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Île de Lanzarote - Canaries

Lanzarote est l’une des îles principales de l’archipel des Canaries, situé au large des côtes africaines. Elle se distingue par ses paysages volcaniques, façonnés par les éruptions du XVIIIᵉ siècle, qui lui donnent une allure presque lunaire.
Grâce à son climat doux toute l’année, on peut profiter de ses plages en toute saison, ses paysages alternent entre volcans, sables dorés, criques de lave noire, tandis que ses villages blancs et son architecture harmonieuse doivent beaucoup à l’artiste local César Manrique, qui a profondément influencé l’esthétique de l’île. Entre culture, nature préservée et ambiance paisible, Lanzarote offre une expérience singulière, à la fois dépaysante et apaisante.



Notre première exploration du nord de l’île nous mène à Téguise, au village d’Haría et jusqu’au Mirador del Río. Téguise, l’un des plus anciens villages de Lanzarote et ancienne capitale de l’île, séduit par son architecture traditionnelle, ses ruelles paisibles et ses bâtiments emblématiques comme l’église de Guadalupe ou le palais Spínola.
En quittant Téguise, la route rejoint le mirador de Barranco del Chafarís, qui domine une vallée étonnamment verdoyante et le village blanc d’Haría. Une halte s’impose sur sa place centrale, ombragée et tranquille.


Mirador del Rio - Île de la Graciosa
La route qui grimpe ensuite vers le Mirador del Río serpente au-dessus de la vallée d’Haría. À mesure que l’on avance, le paysage s’ouvre progressivement sur l’archipel Chinijo, avec La Graciosa en premier plan. Cette traversée panoramique offre une succession de points de vue spectaculaires dans une atmosphère sauvage, typique du nord de Lanzarote.


Le vent et quelques nuages n’incitent pas à flâner sur la plage, alors direction le Jardin de Cactus, situé au nord-est de l’île, c’est l’une des dernières grandes réalisations de César Manrique. Installé dans une ancienne carrière de pierre ponce, il rassemble plus de 4 500 cactus provenant du monde entier, organisés en terrasses autour d’un moulin restauré.


Plus au sud, en direction du parc de Timanfaya, la route traverse la petite bourgade de San Bartolomé, qui mérite un arrêt, ne serait‑ce que pour sa charmante place León y Castillo. Autour de ce square paisible se regroupent l’église, le théâtre et les bâtiments administratifs, formant un cœur de village vivant et harmonieux, typique de l’architecture de Lanzarote.


Place de San Bartolomé - Lanzarote
Au sud‑ouest de San Bartolomé, une courte balade mène aux Grietas, une formation géologique spectaculaire située sur les pentes de Montaña Blanca. Ces profondes fissures, creusées dans la roche volcanique par le refroidissement et la contraction de la lave, dessinent un réseau de failles étroites et sinueuses offrant un décor minéral étonnant.


La route LZ‑30, entre San Bartolomé et Yaiza, traverse ensuite le cœur des vignobles de Lanzarote, où la vigne est cultivée selon une méthode unique au monde. Les ceps poussent dans la pierre volcanique et sont protégés du vent par de petits murets en demi‑lune, les zocos, qui retiennent l’humidité et permettent de produire des vins au caractère singulier. L’arrivée à Yaiza invite à une pause déjeuner sur la petite place du village, dominée par une église élégante et baignée de calme.


Vignoble de Lanzarote
En remontant vers le nord, la route longe le parc national de Timanfaya et dévoile de superbes paysages volcaniques, hérités des éruptions de 1730 à 1736. Champs de lave figée, cratères rouge sombre et vastes étendues de cendres noires composent un décor minéral saisissant, emblématique de Lanzarote.
L’accès au cœur du parc se fait uniquement en bus officiel depuis les Montañas del Fuego. Nous choisissons de ne pas opter pour cette visite, proposée à 30 € par personne, un tarif que nous jugeons un peu élevé pour un simple tour en bus.


Ce matin, nous avions prévu de visiter la Caldera de Los Cuervos, mais à 10h30 le parking déborde déjà. Plutôt que d’attendre, nous poursuivons la route quelques kilomètres plus loin, avec l’envie intacte de marcher. Ce sera la Montaña Corujo, ce n'est pas un volcan spectaculaire, mais une montagne douce, arrondie, posée dans le paysage comme un ancien témoin de l’île. La montée est simple et régulière. Malgré le vent qui souffle fort au sommet, l’endroit dégage une tranquillité presque pastorale. D’en haut, les vues s’ouvrent largement, les champs de lave, la silhouette blanche de Caldera Blanca, et plus loin encore, la ligne de l’océan. Une randonnée modeste, mais portée par cette sensation d’espace et de silence qui fait tout le charme du centre de Lanzarote.


Vue depuis le volcan de la Corona - Lanzarote


Cette marche au vent nous a ouvert l’appétit. Nous prenons la direction de La Santa, un village côtier posé sur la façade ouest de Lanzarote. Ici, le littoral est sculpté par les vagues puissantes de l’Atlantique, qui viennent frapper les roches noires avec une régularité.
Le village conserve une atmosphère authentique, loin des zones plus fréquentées, un petit port, quelques restaurants tournés vers la mer. Un endroit simple, vivant, exactement comme nous les aimons, où l’on s’arrête sans se presser, juste pour profiter du vent salé et du rythme de l’océan.


Direction le nord de l’île pour une randonnée au Volcan de la Corona. Le départ se fait depuis le village de Ye, où un petit parking se trouve au centre. Cent mètres avant l’église, un chemin sur la gauche mène vers le volcan.
En une quarantaine de minutes, on atteint le bord du cratère. Une courte balade, peu de dénivelé, qui conduit au cône massif de la Corona. Impossible d’en faire le tour, mais le point de vue sur le cratère et sur le Malpaís de la Corona, vaste champ de laves anciennes, chaotique et minéral, vaut largement le détour.


Cratère volcan de la Corona - Lanzarote


Deuxième passage à la Caldera de Los Cuervos, partie de bonne heure le parking est presque vide. Caldera de Los Cuervos est l’un des volcans les plus accessibles de Lanzarote, situé dans le parc naturel des Volcans, à proximité de Timanfaya. Le sentier, facile et relativement court, permet de faire le tour du cône, et même d’entrer à l’intérieur du cratère par une ouverture naturelle. Cette balade offre une immersion directe dans les paysages volcaniques de l’île, avec des coulées de lave, des scories noires et des formations géologiques caractéristiques de l’éruption de 1730.


Direction l’extrême sud de Lanzarote, vers Playa Blanca et sa marina. C’est pour nous le point de départ d’une randonnée côtière jusqu’à la plage de Papagayo. Depuis Playa Blanca, un sentier longe l’océan et permet de rejoindre à pied les plages de Playa Mujeres et Playa del Pozo avant d’atteindre celle de Papagayo. L’itinéraire est simple, sans difficulté technique : un chemin sableux et rocailleux qui serpente au-dessus des falaises dorées. En une heure environ, on rejoint les premières anses, abritées et lumineuses, parmi les plus belles de l’île. Une balade accessible, idéale pour profiter du littoral du sud avant de se poser dans l’anse de Papagayo.


Plage de Papagayo - Lanzarote


Nous profitons d’une journée plus nuageuse pour visiter Arrecife, la capitale de Lanzarote et principal centre urbain de l’île. Située sur la côte est, la ville s’organise autour de son vieux port, El Charco de San Ginés, un lagon naturel relié à la mer. Autour de ce bassin calme, on découvre des ruelles piétonnes, des maisons blanches traditionnelles et de nombreux bars et restaurants. Le lieu est apprécié pour ses promenades tranquilles, son ambiance locale et les barques colorées qui flottent dans le port. Arrecife se distingue aussi par sa promenade maritime et par ses deux petits châteaux historiques, San Gabriel et San José, qui rappellent le passé défensif de la ville. Une visite agréable, idéale pour une parenthèse urbaine au cœur de l’île.


El Charco de San Ginés Arrecife - Lanzarote


Beau ciel bleu et peu de vent, journée idéal pour effectuer la randonnée de la Caldera Blanca, située dans le parc naturel des Volcans, c'est l’un des parcours les plus intéressants de Lanzarote. Le sentier traverse d’abord de vastes champs de lave avant de contourner la Caldereta, petite réplique du grand cratère. La montée se fait ensuite progressivement jusqu’au bord de la caldeira. Depuis le sommet, la vue est spectaculaire, un cratère d’un kilomètre de large, parfaitement dessiné, entouré des paysages volcaniques du parc de Timanfaya et de la côte ouest de l’île. L’itinéraire est accessible mais assez long, environ 10 km et 400 m de dénivelé. Chaussures adaptées indispensables, et départ conseillé tôt le matin, surtout en période chaude, en raison de l’absence totale d’ombre.


La Caldera Blanca - Lanzarote


Aujourd’hui, virée vers le nord de l’île, en suivant la route côtière entre Arrieta et Orzola. Avant de rejoindre le littoral, un détour s’impose par Ciudad Estratificada, dans la zone de Los Roferos : l’un des sites géologiques les plus singuliers de Lanzarote. Ici, l’érosion a mis au jour des parois de cendres volcaniques superposées, révélant des strates aux couleurs contrastées. Ces anciennes carrières sculptées par le vent forment une véritable « ville pétrifiée », avec colonnes, arches et volumes naturels très graphiques.


Plus au nord, arrêt à la Piscina de Susa, l’une des piscines naturelles de Punta Mujeres, agréable village côtier du nord‑est. Alimenté par l’océan, le bassin se remplit au rythme des marées et offre une baignade calme dans un cadre protégé, entouré de roches volcaniques. Des échelles permettent un accès direct à la mer, mais la prudence s’impose face à la puissance des vagues. Le village conserve une atmosphère simple et authentique, et au sud, on peut observer les surfeurs depuis les rochers. Dernier arrêt à la plage de la Caleta de la Spíral, une petite plage de sable blanc nichée entre les coulées de lave noire. Un paysage superbe, une plage agréable et peu fréquentée, en partie grâce au nombre limité de places de parking.


Piscines naturelles de Punta Mujeres à marée haute - Lanzarote


La fin du séjour approche, et nous partons explorer le sud‑ouest de l’île. Première étape, les Salinas de Janubio, le plus vaste ensemble de salines des Canaries. Créées à la fin du XIXᵉ siècle, elles fonctionnent encore selon un système traditionnel d’évaporation de l’eau de mer. Le site se reconnaît à ses bassins géométriques dont les couleurs varient selon la lumière et la salinité, offrant un paysage graphique et changeant.


Un peu plus loin, le Mirador del Charco de los Clicos dévoile son lac vert, installé dans un ancien cratère ouvert sur la mer. La couleur intense du bassin, due à la présence d’algues, contraste avec le sable noir volcanique et les parois du cratère. Depuis le belvédère, la lecture du site est parfaite la plage sombre, la forme du cratère, les nuances de vert et de noir. Juste à côté, le village côtier d’El Golfo offre une pause agréable, connu pour ses restaurants de poisson et son ambiance tranquille.


Après le déjeuner, nous poursuivons vers Los Hervideros, un site spectaculaire où la lave solidifiée forme falaises, grottes et cavités sculptées par l’océan. Les vagues s’y engouffrent avec force, créant des projections d’eau et un grondement qui donne son nom au lieu, « les bouillonnements ». Des sentiers aménagés permettent d’observer de près la puissance de l’Atlantique.


Los Hervideros - Lanzarote


Nous reprenons ensuite la route menant au parc de Timanfaya pour rejoindre le hameau isolé de Tenésar. Si vous souhaitez être seul au monde, c’est l’endroit idéal, quelques maisons blanches posées face à l’océan, entourées de coulées de lave sombres. Le site dégage une atmosphère brute et silencieuse, avec une impression de bout du monde que nous avons particulièrement appréciée. Avant de rentrer, dernier arrêt à Caleta de Famara, village côtier dominé par la grande falaise du même nom. Sa longue plage exposée aux vagues attire surfeurs et amateurs de glisse. Depuis le sable, la vue sur la falaise et l’archipel Chinijo compte parmi les plus beaux panoramas de l’île.


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